Le musée de Villèle – Saint Gilles les Hauts

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A l’occasion des journées européennes du Patrimoine, nous avons choisit de redécouvrir un haut lieu de l’histoire de l’esclavage à La Réunion, le domaine de Madame Desbassayns aujourd’hui appelé Musée historique de Villèle.

Portraits de Madame Marie Anne Thérèse Ombline PANON-DESBASSAYNS
et de Monsieur Henri Paulin PANON-DESBASSAYNS (sources : Musée de Villèle)

 

Marie Anne Thérèse Ombline Desbassayns, plus connue sous le nom de Madame Desbassayns, est une des plus grande et plus riche propriétaire foncière de l’île de La Réunion. Née le 3 juillet 1755 à Saint Paul, Madame Desbassayns est issue d’une famille riche, elle reçoit une éducation rudimentaire au Juvénat des frères des écoles chrétiennes, elle sait lire et écrire. A l’âge de 15 ans elle épouse Henri Paul Panon, dit Desbassayns, de 23 ans son aîné. Ils auront 9 enfants. C’est un homme d’affaire, et à sa mort, le 11 octobre 1800, Madame Desbassayns se retrouve à la tête d’un patrimoine très étendu environs 400 hectares cultivables (principalement coton, café, maïs, canne à sucre un peu plus tard) et de plus de 400 esclaves qu’elle va gérer seule et d’une main de fer jusqu’à sa mort le 4 février 1846.

 

En arrivant sur le domaine, une statue de Madame Desbassayns attire notre attention.

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Cette sculpture représente Madame Desbassayns en train de lire le « Code noir », recueil de l’ensemble des textes régissant les rapports entre les maîtres et leurs esclaves alors considérés comme des « outils », des « objets », l’humanité leur étant refusée.

Personnage très controversé, Madame Desbassayns apparaît à la fois comme « La Seconde Providence » qui pouvait se montrer tolérante et bienveillante à l’égard de ses esclaves  et comme une femme cruelle et sans pitié, respectant les articles du code noir et n’hésitant pas à infliger de sévères sanctions.

 

L’hôpital

Nous commençons par visiter l’hôpital construit pour y soigner les esclaves (un décret du 3 juin 1834 portait obligation aux maîtres de construire un hôpital dès lors qu’ils avaient plus de 25 esclaves sur leur propriété). Situé dans la cour, il a été restauré en 1996, au sol on peut voir un document d’archive, une feuille de recensement des esclaves, faisant office de mémorial.

 

Nous poursuivons par une petite ballade dans les jardins du domaine en attendant la visite guidée de la maison prévue à 11h30.

 

La maison de Madame Desbassayns

Cette grande bâtisse à été construite de 1775 à 1788 sur 2 niveaux. La visite se fait au rez de chaussée, l’étage servant à accueillir diverses expositions. A l’entrée, un arbre généalogique retrace l’histoire familiale, puis on découvre au fur et à mesure des 7 salles, le mobilier et différents objets de l’époque dans leurs pièces respectives.

 

La cuisine

A l’extérieur, la cuisine, où les repas des maîtres se préparaient au feu de bois avec des ustensiles en bois, en pierre (basalte) ou en fonte. Les mets servis étaient raffinés :  potage à la tortue, cari de buffle de Madagascar, faisans de Pondichéry, mouton du Cap… alors que les repas des esclaves, préparés dans une autre cuisine, se composaient essentiellement de maïs, de manioc, de légumes secs, parfois du riz.

 

L’usine sucrière

Construite entre 1825 et 1827, elle fonctionne avec une énergie nouvelle pour l’époque : la vapeur. Il n’en reste aujourd’hui que quelques ruines.

 

La Chapelle Pointue

Un peu plus loin, La Chapelle Pointue, édifice construit à partir de 1841 par Madame Desbassayns. Lieu de culte, à la fois pour les habitants des hauts et des esclaves (si en métropole les chrétiens ne peuvent être esclave, dans les colonies, les esclaves doivent être baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine – article 2 du « Code noir »).

C’est également, dans cette chapelle que se trouve la tombe de Madame Desbassayns.

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Je ne sais pas si Madame Desbassayns était une bonne ou mauvaise personne, elle a vécu à une époque où l’esclavage existait et était malheureusement autorisé et accepté par la loi.

 

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Le Domaine de Madame Desbassayns en 1847 (sources : Musée de Villèle)

 

 

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