Le Vaïkasi Visâgam Kâvadi à Saint-Benoit
Chaque année, entre le mois de mai et le mois de juin, la communauté tamoule de Saint-Benoît célèbre le Vaïkasi Visâgam Kâvadi, une fête traditionnelle hindoue en l’honneur du dieu Muruga.
Ce dimanche 8 juin 2025, j’ai assisté à la procession qui marque la fin de 10 jours de pénitence et de prières. Les pénitents s’apprêtent à porter leur « kâvadi » des berges de la Rivière des Roches jusqu’au Temple Siva Soupramanien de Saint-Benoît.
Dans cet article, je vous raconte ce qui se cache derrière les tambours, les danses, les corps perçés et comment j’ai vécu cette expérience unique.

Une tradition millénaire venue du Tamil Nadu
Le Vaïkasi Visâgam Kâvadi est célébré lors du mois tamoul de Vaïkasi (mai-juin), coïncidant avec l’anniversaire du dieu Muruga. Fils de Shiva, Muruga, dieu de la guerre et de la sagesse, incarne la victoire du bien sur le mal, de la lumière sur les ténèbres. À La Réunion, cette tradition a été transmise par les premiers engagés indiens.
Le mot kâvadi (ou cavadee) signifie « charge », « fardeau sacré ». C’est une offrande que le pénitent porte, parfois littéralement au prix de la douleur, pour remercier ou solliciter Muruga. On y voit un acte de purification, un engagement personnel intense.

Dix jours de préparation spirituelle
Avant cette marche, les pénitents ont observé un carême strict :
- abstinence sexuelle,
- alimentation végétarienne,
- prières quotidiennes,
- isolement ou retrait spirituel.
Cette démarche est personnelle : certains pénitents remercient Muruga pour une guérison, d’autres formulent un vœu. Prier pour Muruga, le jour du Kâvadi, permet d’alléger ses péchés passés.
Une procession rythmée par la foi
Dimanche matin, je me suis donc rendue près des berges de la Rivière des Roches à Saint Benoît. Les pénitents, en jeûne depuis dix jours, se préparent pour la procession. Certains ont déjà le corps orné d’aiguilles d’argent, traversant les joues, la langue, et des crochets sur les jambes et dans la peau du dos, sur lesquels sont plantés des citrons. Cet acte traduit la maîtrise du corps et de l’ego, un moyen d’élever l’âme au-delà de la douleur physique.




Vers 11 heures, le cortège s’élance dans les rues de Saint-Benoît. Les flûtes indiennes et les percussions rythment les pas. Les pénitents, hommes, femmes, enfants avancent pieds nus en portant leur kâvadi. Les kâvadis (ou Cavadee) sont magnifiques, colorés, sculptés, surmontés de fleurs fraîches, de plumes de paon ou de représentations de Muruga.
Leurs visages sont calmes, habités, comme détachés de la douleur.















Certains habitants déposent des offrandes sur le bord du chemin.

Puis la procession rejoint le Temple Siva Soupramanien, situé chemin de la marine à Saint-Benoit. C’est ici que les pénitents déposent leur kâvadi et leurs offrandes au dieu Muruga.

Infos pratiques
Si vous souhaitez assister à la procession du Kâvadi :
- Quand : à Saint-Benoit le Kâvadi a lieu fin mai début juin, selon le calendrier lunaire tamoul
Retrouvez plus de détails sur les dates du Cavadee dans les communes de l’île, en cliquant ici !
- Où : départ depuis la Rivière des Roches jusqu’au Temple Siva Soupramanien à Saint-Benoît.
- Horaires : les pénitents se rendent tôt sur les berges de la Rivière des Roches, mais la procession pour revenir au temple débute vers 11 h.
- Mes conseils :
- Arrivez tôt, le Kâvadi attire de nombreux spectacteurs
- Habillez-vous de manière respectueuse
- Ne gênez pas la procession en prenant vos photos ou vos vidéos
- Soyez discret, évitez de parler trop fort ou de rire, c’est un moment très spirituel
Conclusion
Je suis toujours très impressionnée par le Kâvadi et la dévotion des pénitents envers le dieu Muruga. Ce qui m’a le plus touchée ? Les enfants portant leur kâvadi et le respect immense de toute la communauté. Spectateurs, musiciens, proches des pénitents : tous étaient là pour les soutenir et les accompagner. Il y avait de la foi, mais aussi de l’amour, du courage, de la beauté.
Angélique.

Bienvenue dans ma maison autour du monde !
Je m’appelle Angélique, j’ai 51 ans, je suis originaire du départerment de l’Ardèche, je suis mariée et maman d’une ado de 16 ans.
Après une première expérience de vie en Guadeloupe et dans le sud des Petites Antilles, c’est sur l’île de La Réunion, il y a 24 ans, que j’ai décidé de poser mes valises.
Depuis 2016, je vous partage dans ce blog mes escapades à La Réunion, mes coups de cœur et mes carnets de voyage.
En 2024, j’ai créé mon service de Travel Planner spécialisé sur l’île de La Réunion et l’île Maurice.
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