Notre Dame des Laves à Piton Sainte-Rose
Située dans la commune de Sainte-Rose, à l’Est de l’île de La Réunion, l’église Notre Dame des Laves est bien plus qu’un simple lieu de culte. Cette église est devenue célèbre en 1977, lorsqu’une coulée de lave issue d’une éruption hors enclos du Piton de la Fournaise, l’a miraculeusement épargnée.
Facilement accessible, Notre Dame des Laves constitue l’un des incontournables à visiter lors d’un premier voyage à La Réunion.
Dans cet article, je vous propose de plonger dans l’histoire de Notre-Dame-des-Laves.
(Article mis à jour le 17 juillet 2025)

L’histoire de Notre Dame des Laves à La Réunion
L’histoire de Notre Dame des Laves commence en 1927, au lieu-dit Piton Sainte-Rose sur la côte Est de l’île. Une première chapelle est construite par les habitants du village. Elle devient rapidement un lieu de culte central pour les fidèles de la région, et elle connaît, au fil des années, de nombreuses transformations. C’est entre 1952 et 1958 que l’église prendra sa forme actuelle.
Le 24 mars 1977, le Piton de la Fournaise entre en éruption. Si l’éruption débute dans l’enclos, des fissures apparaissent, dès le 5 avril, en dehors de l’enclos Fouqué, sur les hauteur de Sainte-Rose. Le torrent de lave se sépare en deux, une partie se dirige vers Bois-Blanc et l’autre vers Piton Sainte-Rose.

Le 8 avril, en fin d’après-midi, la lave se dirige vers le village de Bois-Blanc en empruntant les lits des ravines de Bois Blanc et de Constantin. 800 habitants sont alors évacués. Mais, au matin du 9 avril, la lave s’arrête à quelques mètres et le village est épargné.
Ce même jour, c’est au tour des habitants de Piton Sainte-Rose d’être évacués. 600 personnes laissent derrière eux leur maison. Vers 21h, la lave, sortant d’une nouvelle fissure, coupe la RN2 et se répand sur les premières habitations. Une douzaine de cases en bois sous tôle sont détruites.
Le 13 avril, à la suite d’une nouvelle faille, les habitants doivent de nouveau être évacués. La lave se répand sur Piton Sainte-Rose, mais cette fois sur le secteur de la gendarmerie et de l’église. Un peu avant 19 h, elle atteint plusieurs maisons, la gendarmerie et la station-service, qui explose bien que les réservoirs d’essence aient été vidés. Vers 19h15, la coulée de lave arrive sur le parvis de l’église de Piton Sainte-Rose. La porte s’embrase, les vitraux éclatent, mais la lave ne s’invite pas à l’intérieur. Elle contourne l’édifice et poursuit sa route avant de se jeter, vers 21h30, dans l’océan.
L’éruption se termine le 15 avril 1977.
L’église a été restauré en 1979, et les vitraux, réalisés par le maître-verrier réunionnais Guy Lefèvre, illustrent merveilleusement la coulée de lave. Il a également réalisé la fresque qui se trouve derriere l’autel en 1982.
Des articles de journaux de l’époque retraçant l’évènement, sont affichés sur les murs de l’église.






Si aucune victime n’est à déplorer, l’éruption laisse derrière elle de nombreux dégâts matériels : 33 maisons ont été détruites, 290 hectares de terres cultivées ont été recouverte par la lave sans compter de nombreux oiseaux et animaux qui n’ont pas pu se sauver et qui sont mort brûlés ou asphyxiés.
L’église de Piton Sainte-Rose, quant à elle, sera rebaptisée Notre Dame des Laves.
📌 Création de l’observatoire du Piton de La Fournaise. Depuis cette éruption, le Piton de La Fournaise est étroitement surveillé. L’observatoire du Piton de La Fournaise voit le jour en 1979 à la Plaine des Cafres. Sa gestion est confiée à l’Institut de Physique du Globe de Paris. L’observatoire du Piton de La Fournaise a trois principales missions :
- la recherche sur différentes thématiques des volcans,
- la surveillance du Piton de la Fournaise et le suivi des éruptions et des coulées de laves,
- la diffusion des connaissances acquises.
Il n’est pas possible de le visiter.
La Vierge au Parasol

À l’intérieur de l’église Notre-Dame des Laves, on peut voir une statue de la Vierge Marie surmontée d’un parasol bleu. Mais détrompez-vous, ce n’est pas sa présence qui a protégé l’église lors de l’éruption de 1977… Elle n’était pas encore là. Elle a été installée bien des années plus tard. Et, aujourd’hui, on peut même dire, que c’est Notre-Dame des Laves qui veille sur elle.
L’histoire de cette Vierge au Parasol remonte au début du XXe siècle, bien avant son installation dans l’église. À cette époque, un grand propriétaire de Bois-Blanc, qui cultivait de la vanille dans le Grand Brûlé, avait placé une statue de la Vierge dans ses champs, dans l’espoir qu’elle protège ses récoltes. Un jour, une coulée de lave dévaste la plantation, brûlant tout sur son passage… sauf la statue, restée miraculeusement intacte.
Finalement ensevelie par une coulée de lave en 1961, une réplique est installée dans la même zone en 1963, mais elle doit être déplacée à plusieurs reprises pour échapper à la menace du volcan.
En 2014, la statue est retrouvée décapitée, puis en 2015, vandalisée par des tags à sataniste. Des actes qui ont profondément choqué les habitants. La décision est alors prise de la mettre à l’abri à l’intérieur de l’église Notre Dame des Laves.
La coulée de lave 1977

Aujourd’hui encore, la coulée de lave de 1977 est visible autour de l’église Notre Dame des Laves et jusqu’à l’océan. En sortant de l’édifice, on peut marcher sur la lave figée. Un peu plus loin, la végétation a repris peu à peu ses droits, mais le paysage est saisissant.
Un chemin aménagé permet de se balader librement dans cette coulée mythique. Une aire de pique-nique a été installée à proximité, ce qui en fait une halte idéale pour faire une pause dans un cadre insolite.
Un sentier permet également de rejoindre à pied Anse des Cascades.




L’exposition permanente sur la coulée 77

Une exposition permanente retrace cet épisode tragique de la ville de Sainte-Rose. On y découvre des photos, des articles de presse, et même un film sur l’éruption de 1977.

L’exposition permanente se trouve en face de l’église Notre Dames des Laves, à côté du snack La Terrasse des deux Pitons (qui au passage, fait de très bons caris 😉), sur la RN2.
Elle est ouverte du mardi au samedi de 9 H à 12 H et de 13 H à 17 H. L’entrée est gratuite.
La statue Métisse 77


La statue « Métisse 77 » que l’on peut voir en face de l’église Notre Dames des Laves à Sainte-Rose est une œuvre réalisée par 4 sculpteurs réunionnais. À travers cette femme, une croix autour du cou, c’est la douleur qu’ont vécue les habitants de Sainte-Rose lors de cette éruption de 1977 qui est représentée.
Elle a été offerte par les sculpteurs à la ville et inaugurée le 1er septembre 2018.
FAQ – Tout ce que vous vous demandez sur Notre Dame des Laves
- Peut-on visiter l’intérieur de l’église ?
Oui, l’intérieur de Notre Dame des Laves se visite librement. L’église est généralement ouverte en journée. Elle aussi très belle et mystique de nuit, mais les portes sont fermées !
- L’accès est-il gratuit ?
Oui, l’accès à l’église est entièrement gratuit. C’est un site culturel et religieux ouvert à tous, que vous soyez croyant ou simple visiteur curieux de découvrir ce lieu marqué par l’histoire volcanique de l’île.
- Y a-t-il une tenue particulière à respecter ?
Il n’y a pas de code vestimentaire strict, mais comme pour tout lieu de culte, il est recommandé d’adopter une tenue respectueuse. Évitez les vêtements trop courts ou trop dénudés, surtout si vous souhaitez entrer à l’intérieur pendant une messe ou une cérémonie religieuse.
- Peut-on prendre des photos ?
Oui, les photos sont autorisées, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’église, à condition de rester discret et respectueux des lieux. Pendant les offices religieux, il est préférable de ne pas photographier pour ne pas déranger les fidèles.
- Quels autres lieux visiter à proximité ?
Si vous êtes de passage à Sainte-Rose, profitez-en pour intégrer à votre itinéraire : la baie de l’Anse des Cascades, le petit port de Sainte-Rose ou encore le pont de la Rivière de l’Est.
👉 Mon conseil : prévoyez une journée complète (voir 2) pour découvrir cette partie de l’île, de Saint-Philippe à Sainte-Rose, en passant par la Route des Laves. Vous aurez l’un des itinéraires les plus spectaculaires et authentiques de l’île !
Angélique.
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Je m’appelle Angélique, j’ai 51 ans, je suis originaire du départerment de l’Ardèche, je suis mariée et maman d’une ado de 16 ans.
Après une première expérience de vie en Guadeloupe et dans le sud des Petites Antilles, c’est sur l’île de La Réunion, il y a 24 ans, que j’ai décidé de poser mes valises.
Depuis 2016, je vous partage dans ce blog mes escapades à La Réunion, mes coups de cœur et mes carnets de voyage.
En 2024, j’ai créé mon service de Travel Planner spécialisé sur l’île de La Réunion et l’île Maurice.
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Principales sources :
Livre le Patrimoine de La Réunion de la Fondation Clément
Les articles du Journal de l’île



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